thelma et louise histoire vraie

Sans doute parce qu’il appuie précisément là où les fondations risquent de s’écrouler. D’un côté, Thelma est une femme au foyer soumise à un mari aussi macho que terreau d’un abominable complexe de supériorité. Ainsi est définie la narration du film : une suite d’épreuves. Pure mystique que de laisser la mort hors champ et de figer cette victoire implicite dans un fondu au blanc, créant ainsi une image inoubliable qui enferme à jamais ces deux héroïnes rebelles dans la mémoire collective. Thelma et Louise créait-il une rupture avec les conventions du genre ? Pure idiotie que voilà, tant la présence d’un petit ami romantique (Michael Madsen n’est jamais aussi bon acteur que lorsqu’il joue les sensibles), d’un auto-stoppeur voleur et séducteur (Brad Pitt, encore jeunot au corps de rêve, démarrait ici sa carrière) et d’un flic empathique (Harvey Keitel dans son premier rôle de gentil) sont là pour contredire cette lecture faussée. Elle est toujours là, mais elle a juste changé de visage. Merci, Cette semaine sera consacrée à Steven Soderbergh, l'homme qui savait tout faire. Le plan d’ouverture, cadrant une route désertique face aux imposantes montagnes du sud-ouest américain, a en cela la même valeur que le plan inaugural du fameux Pique-nique à Hanging Rock de Peter Weir – un film lui aussi gorgé de puissantes revendications féministes. Je regrett…. PRODUCTION : Metro Goldwyn Mayer, Pathé Entertainment Le Murmure, éditeur de la marge comme il se définit lui-même, nous propose une très belle collection d'essais qui plairont aux amateurs de pop culture (mais pas seulement). Le temps d’une halte en pleine nuit au sein des montagnes du Nouveau-Mexique, Louise sort de la voiture et regarde, immobile, les premiers rayons de l’aurore percer l’horizon, juste avant de reprendre la route. A bien des égards, le film de Ridley Scott aura constitué une date dans ce domaine-là, tant et si bien que l’énorme polémique qui aura entouré sa sortie aux Etats-Unis n’aura pas manqué de dépasser le cadre du film lui-même pour déborder sur le contexte sociétal. A la fin, rien ne s’est déroulé comme prévu : les voilà en plein désert d’Arizona, face au Grand Canyon, physiquement métamorphosées, avec un hélicoptère et une armée de policiers qui les traquent sans relâche. REALISATION : Sophie Letourneur PRODUCTION : Ad Vitam, Ecce Films, Rézina Productions AVEC : Camille Genaud, Carole Le Page, Sophie... Cinéphage hardcore depuis mes six printemps (le jour où une VHS pourrave de, Un grand merci pour cette interview approfondie qu…, Une des plus vénéneuses séductrices qu’il m’ait ét…, Je pense que ce film est à redécouvrir. Il suffit ici de deux mains qui se réunissent (lesquels forment un poing dressé), d’une photo instantanée prise au début du film qui devient réalité (le sourire des deux héroïnes, enfin épanouies et heureuses, est alors le même) et d’une puissante élévation musicale de Hans Zimmer pour qu’une image de suicide produise tout à coup une force de vie galvanisante. DATE DE SORTIE : 29 mai 1991 REALISATION : Ridley Scott L’image se fige alors dans un fondu au blanc, lançant le générique de fin. C’est d’ailleurs ce dernier personnage qui se fait témoin de la causalité des événements, creusant chacun d’un afin de saisir l’engrenage de fatalité dans lequel se sont engagées les deux héroïnes. courte-focale.fr/cin…, Le mois d'août sera cinéphile ou ne sera pas. Parce que c’est par elle que tout pouvait commencer. Vos yeux et vos oreilles s’en souviendront toujours. courte-focale.fr/cin…, [Making-of] Retour sur la production houleuse de La Lettre écarlate, un véritable parcours du combattant pour Wim Wenders qui qualifie lui-même le film de douloureuse impasse. AVEC : Susan Sarandon, Geena Davis, Harvey Keitel, Brad Pitt, Michael Madsen, Christopher McDonald, Stephen Tobolowsky, Timothy Carhart Un bon gros coup d’accélérateur, et leur voiture s’éloigne des flics jusqu’à s’élancer tout à coup dans le canyon, cadrée dans une légère contre-plongée. On ressent alors diverses choses : sa mélancolie face à une vie qui ne sera plus jamais la même, la fatalité qui ne cesse de la rapprocher d’une fin potentiellement tragique, l’inscription de l’individu dans un décor mythologique qui réveille en lui sa force et son désir de liberté, son silence méditatif en écho au silence éternel des décors originels. Parce qu’elle porte le degré d’émotion du film à un pic démesuré. Féministe assurément , mais aussi poétique et émouvant, avec une mélancolie étrangement traversée d’humour ..Ode à une amitié , voire une sorte de gémellité qui transcendent ces deux personnages . Pas de panique, @nobodysmith75 a rédigé un compte-rendu presque exhaustif du festival ! A ce titre, l’ultime rencontre avec le routier obscène compile à loisir tout le champ lexical du western : la posture menaçante du méchant apparaissant tout petit (arrière-plan) loin devant deux personnages visualisés de dos (premier plan), le concours de tir au revolver pour abattre la cible (l’explosion d’un camion-citerne qui nettoie soudain le ciel à la couleur de feu), le départ précipité après la victoire (elles sautent dans leur voiture comme les cowboys enfourchent leur cheval) et le petit numéro de rodéo qui va avec (elles tournent autour de l’ennemi ridiculisé avant de lui voler sa casquette). De façon imperceptible, voire même au travers des belles mélodies rock de Hans Zimmer, le film met alors en avant le contexte géographique comme prolongation abstraite de l’évolution des caractères des personnages. courte-focale.fr/cat…, Dernière salve d'articles consacrés au #AnnecyOnline : les films qu'il ne faudra pas manquer en salles ► courte-focale.fr/fes…, La version online du #AnnecyFestival a été beaucoup suivie, ça méritait donc d'y revenir à froid pour mieux mettre en relief les atouts et failles de l’événement. Un grand merci pour m’avoir donné envie de le revoir. Et surtout, parce qu’elle magnifie la prise de conscience de deux personnages, en l’occurrence deux femmes confrontées in fine à la fatalité de leur parcours et qui décident de l’assumer pleinement, fièrement, librement, dans un geste kamikaze qui galvanise autant qu’il laisse bouche bée. Le papier que @nobodysmith75 a consacré aux WIP montre un ensemble hétérogène ► courte-focale.fr/fes…, Si le festival d'Annecy est hétéroclite et nous laisse chaque année découvrir des chemins aussi insolites qu'inconfortables, il n'en oublie pas pour autant son jeune public. MONTAGE : Thom Noble Or, si l’opposition est posée d’entrée entre les deux femmes (l’une veut s’émanciper, l’autre veut se caser), la scénariste va rapidement accentuer leur réunion et s’amuser à la tordre par le biais du thème du double au détour de quelques scènes faussement anodines : par exemple, au début de leur voyage, Thelma s’observe dans le rétroviseur en fumant une cigarette, et dit « Je suis Louise ». De l’autre, Louise est une serveuse solitaire et libérée qui aimerait pouvoir s’épanouir avec son petit ami. Traquées sans relâche et vouées à l’échec si elles réintègrent le système abusif contre lequel elles se sont rebellées, Thelma et Louise ne sont plus seulement des personnages hurlant leur désir de liberté à chaque nouveau virage, mais des icônes vouées à accéder in fine à l’immortalité. Ce que l’on voit alors dans ce plan va bien au-delà de la visualisation concrète d’un décor. SCENARIO : Callie Khouri Un évènement tragique va changer définitivement le cours de leurs vies…, Là, on est obligés, il faut commencer par la fin. Celui du sexisme, ici combattu par deux héroïnes qui empiètent sur un territoire de violence machiste pour retrouver leur indépendance. Le genre de chef-d’œuvre dont on sort avec le cœur en lambeaux… courte-focale.fr/cin…, Vous avez manqué #Annecy2020 ? GENRE : Action, Drame, Thriller ORIGINE : Etats-Unis DUREE : 2h09 Nous sommes à l’époque en 1991, et pour tout dire, le cinéma hollywoodien n’est pas à proprement parler ouvert au renversement des clichés, ne serait-ce que sur la question du rôle des femmes dans les films et dans l’industrie. Au premier regard, la façon qu’a Ridley Scott d’introduire ses deux héroïnes tangue un chouïa vers la caricature, quitte à forcer un peu le trait. Une fois la machine du week-end de détente enrayée par un premier drame (Louise abat un dragueur éméché qui s’apprêtait à violer Thelma), c’est une quête de survie et de transcendance qui prend place, avec la causalité comme filtre évolutif. Mais il posait surtout problème au sein de l’opinion. Il leur faut continuer à avancer, tout droit. BANDE ORIGINALE : Hans Zimmer En gros, celui (ou celle) qui conduit la voiture, c’est celui (ou celle) qui conduit l’histoire. Des soupçons de film « fasciste » (il est question de deux femmes qui répondent par les armes à la violence masculine) au statut désormais acquis de film « féministe », de l’exploitation du caractère soi-disant misandre du scénario (sans doute alimenté par des spectateurs machos qui n’avaient même pas vu le film) à un débat houleux sur la violence supposément gratuite du film, d’un gros « fuck » expédié à la face du patriarcat à une symbolique mystique appuyée par sa géniale scène finale, ce film – pourtant simple et limpide – aura fait l’effet d’un coup de boule, enchaînant parfois plus de surinterprétations chez tout un chacun que chez une horde de cinéphiles amateurs de rébus narratifs à décoder. PHOTOGRAPHIE : Adrian Biddle Le choix de Ridley Scott comme réalisateur ne pouvait d’ailleurs que suivre cette logique : outre le désir d’offrir des premiers rôles forts à des femmes (ce qu’il avait déjà fait dans Alien en castant Sigourney Weaver pour un rôle initialement masculin), ce cinéaste européen, perpétuellement attaché à la richesse picturale d’un cadre surchargé de micro-détails, pouvait dès lors poser son regard de non-initié sur les grands espaces américains, revisitant à sa manière les codes du western afin d’inscrire l’histoire dans l’Histoire. ❤ Film culte que je reverrai volontiers à la lumière de tout ce que dévoilez des choix du réalisateur pour accompagner les messages symboliques (le rôle du paysage, les plans serrés sur les visages…) et bien sûr pour l’inoubliable fin, par laquelle vous ne pouviez en effet que commencer Une « échappée belle » dans ces décors splendides qui nous rappellent le western. L’un des reproches longtemps faits à Thelma et Louise concerne la soi-disant misandrie de son scénario, voué à présenter les personnages masculins sous d’abominables stéréotypes de machos (un violeur, un routier obscène, etc…) chez qui la testostérone précède l’intelligence. C’est évident. Bien plus que sa revendication féministe sous-jacente, la subversion originelle du récit était assurément à chercher là-dedans, dans une quête initiatique qui revisite un territoire longtemps conquis par les hommes au fur et à mesure que la voiture des deux héroïnes avale les kilomètres. Une façon subtile pour Ridley Scott d’anticiper l’issue du trajet des deux héroïnes tout en inscrivant leur émancipation dans un cadre mythologique, celui du western, dont il reprend à la lettre les codes et les techniques de filmage. BANDE-ANNONCE, Synopsis : Deux amies, Thelma et Louise, frustrées par une existence monotone l’une avec son mari, l’autre avec son petit ami, décident de s’offrir un week-end sur les routes magnifiques de l’Arkansas. Parce qu’elle est inoubliable. Cette « nouvelle frontière », que les héros de western n’ont jamais cessé d’explorer pour mieux la repousser, n’a pas disparu. Il y a dans Thelma et Louise un instant fugace, visiblement conçu comme une pause dans le récit, qui reste dans la tête après visionnage. Au fur et à mesure que leur cavale s’intensifie, les épreuves rencontrées les contraignent autant à imiter ceux qui les ont mis dans le pétrin (à un moment, Thelma braque une banque en s’inspirant des confidences de l’auto-stoppeur) qu’à se la jouer cow-boy dans un geste de revanche face à la bêtise malsaine des hommes. Mais hors de question de se rendre, de reculer. Le voyage fut mouvementé : un meurtre, un braquage à main armée, un camion-citerne explosé, sans parler d’un flic enfermé dans le coffre de sa voiture. Superbe analyse d’un magnifique film qui a marqué mon adolescence rebelle. Si l’émancipation de Thelma et Louise ne pouvait pas se régler ailleurs que dans une autre vie (d’où ce suicide en forme de pied-de-nez à la violence du monde), alors cette autre vie est devenue la réalité (la nôtre, pas celle présentée dans le film). Si l’on en juge par le parcours de combattante mené par sa scénariste Callie Khouri, le fait de créer deux grands rôles de femmes indépendantes – donc à l’opposé d’un statut réducteur de faire-valoir ou de plante décorative au sein du cinéma américain – était d’autant moins accepté que son scénario jouait en l’occurrence la carte du road-movie. courte-focale.fr/fes…, Une chouette maison d'édition à besoin de votre aide ! Sans aller dans l’idée d’un rapprochement intime entre les deux femmes (ce que certains spectateurs n’auront pourtant pas hésité à faire, allant même jusqu’à y voir un sous-texte homosexuel), Ridley Scott vise néanmoins à les faire évoluer en les confrontant de plein fouet à une réalité sombre. Là encore, l’énergie du western les fait ressortir grandies de chaque épreuve, telle une catharsis radicale qui égratignerait autant l’Amérique profonde que la misogynie d’un genre exclusivement masculin. qui peut caractériser ce road movie sublime à la fin inoubliable, métaphore d’une liberté enfin retrouvée. twitter.com/Guillaum…, Grand Prix cannois en 1997, le plus beau film d’Atom Egoyan émeut et envoûte, autant par sa mise en scène que par son sujet délicat. Alors, ça donnait quoi cette année du côté des divertissements familiaux ? Premier arrêt, premier saloon, premiers ennuis et tout bascule. Evoluant du statut de pipelettes frustrées à celui d’amazones délivrées, Thelma et Louise sont ici des victimes de la causalité, qui mutent avant tout en hors-la-loi sous l’effet de l’environnement qui cherche à les enfoncer toujours plus bas. La fin est proche. Ainsi donc, du simple film de caractères traversé par un courant de revendications féministes, Thelma et Louise bascule peu à peu vers la mythologie pure, usant du gros plan serré ou du plan d’ensemble avec équilibre pour replacer le personnage et le paysage (le premier s’émancipe au travers du second) sur un pied d’égalité. Plus de vingt ans après la sortie du film, les films mettant en scène des héroïnes fortes et à contre-courant des codes sexistes se seront multipliés, finissant ainsi par faire entendre raison à un Hollywood trop coincé… Il fallait que l’on commence par la fin. Installez-vous. Un périple qui vient révéler à la manière d’un voyage initiatique ce que désirent profondément ces deux femmes aux prises avec la violence des hommes. Lorsqu’elles entamaient leur voyage à la montagne entre copines, Thelma Dickinson (Geena Davis) et Louise Sawyer (Susan Sarandon) avaient pris soin de faire une photo souvenir, laissant éclater leur joie à l’idée de profiter d’un week-end de détente, loin de leur quotidien frustrant. twitter.com/Guillaum…, Extrême et dévastatrice, la nouvelle création de Gaspar Noé fait du Cinéma la cible d'un tsunami acide et stroboscopique. Mais bizarre, cette fin ne semble pas en être une…. Entrez. facebook.com/LeMurmu…. On en revient donc à leur sacrifice ultime, pour le coup impossible à lire autrement que comme un happy end. Si l’on se demandait à quel genre appartenait le film de Ridley Scott (aucun et tous à la fois, disons-le clairement), cette scène-là met fin à la question en orientant le récit sur le terrain mystique. On continue donc les publications sur CF (surtout grâce au très prolifique @GuillaumeGas, avouons-le). Si l’émancipation de Thelma et Louise ne pouvait pas se régler ailleurs que dans une autre vie (d’où ce suicide en forme de pied-de-nez à la violence du monde), alors cette autre vie est devenue la réalité (la nôtre, pas celle présentée dans le film).

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